Molière à Pézenas : sur les traces du dramaturge
Pézenas est à 8 km de Florensac. Dix minutes en voiture. On y va souvent pour le marché du samedi, pour un café sur le cours Jean Jaurès, ou pour flâner dans les ruelles. Mais Pézenas, c’est aussi la ville de Molière. Enfin, une de ses villes. Il y a passé plusieurs séjours entre 1650 et 1657, et la ville s’en souvient.
Pourquoi Molière était à Pézenas
Dans les années 1650, Jean-Baptiste Poquelin (son vrai nom) parcourait le sud de la France avec sa troupe de théâtre. Ils n’étaient pas encore célèbres. Ils jouaient dans les villes de province, devant les notables locaux.
Pézenas était alors la résidence des États du Languedoc, l’assemblée provinciale. Quand les États se réunissaient, les notables affluaient, et avec eux l’argent et les divertissements. Molière et sa troupe y ont trouvé un public et un protecteur : le prince de Conti, gouverneur du Languedoc, qui les a pris sous son aile pendant plusieurs années.
C’est à Pézenas et dans les environs que Molière a affûté son art. Il observait les personnages du cru : les bourgeois, les médecins de campagne, les dévots. On retrouve ces types dans ses pièces. Le Médecin volant, l’une de ses premières farces, a probablement été jouée ici.
Les lieux de Molière
La maison du barbier Gély
C’est l’adresse la plus connue. Au 30 rue de la Foire, le barbier Gély tenait sa boutique au rez-de-chaussée. Molière venait s’y asseoir et écouter les conversations. L’anecdote est rapportée par les chroniqueurs de l’époque. La boutique n’est plus un salon de barbier, mais le bâtiment est toujours là.
L’Hôtel d’Alfonce
Rue Conti, cet hôtel particulier du XVIe siècle aurait accueilli des représentations de la troupe de Molière. La cour intérieure est belle, avec son escalier en pierre et sa galerie à arcades. On peut y entrer, c’est un espace ouvert.
Le Musée Vulliod-Saint-Germain
Installé dans un hôtel particulier du XVIIe siècle, ce musée consacre une salle à Molière. On y trouve des documents, des gravures et un fauteuil qui aurait été le sien. L’authenticité du fauteuil est discutée, mais il est là depuis longtemps et les Piscénois y tiennent. Le musée expose aussi des faïences et du mobilier Louis XV. Entrée : 3 euros.
Le cours Jean Jaurès
C’est la grande promenade de Pézenas, bordée de platanes. Du temps de Molière, c’était le lieu de promenade de la bonne société pendant les sessions des États. Aujourd’hui, c’est là qu’on prend un café en terrasse et qu’on regarde passer les gens. Le principe n’a pas tellement changé.
Pézenas au-delà de Molière
On aurait tort de réduire Pézenas à Molière. La ville a un centre historique remarquable, avec des hôtels particuliers des XVIe et XVIIe siècles, des cours intérieures qu’on découvre en poussant les portes, et un réseau de ruelles pavées qui mérite de s’y perdre une heure ou deux.
Les hôtels particuliers
L’Hôtel de Lacoste (rue François Oustrin), l’Hôtel de Peyrat (place Gambetta), l’Hôtel des Commandeurs de Saint-Jean de Jérusalem : ces bâtiments rappellent que Pézenas était une ville riche et importante au XVIe siècle, capitale administrative du Languedoc.
On en visite certains lors des journées du patrimoine (troisième week-end de septembre). Le reste de l’année, on peut admirer les façades et les portails depuis la rue.
Les artisans
Pézenas s’est repositionnée sur l’artisanat d’art. Les ruelles du centre comptent une bonne trentaine de boutiques : potiers, souffleurs de verre, fabricants de bijoux, créateurs textiles. Certains ateliers sont ouverts et on peut regarder travailler.
Le petit pâté de Pézenas
C’est la spécialité locale. Un petit cylindre de pâte feuilletée farci de viande d’agneau sucrée-salée. La recette daterait du XVIIIe siècle, rapportée par Lord Clive (le “Clive de l’Inde”) qui séjournait à Pézenas. On en trouve dans toutes les boulangeries de la ville. Environ 2 euros pièce. Goûtez-en un, c’est surprenant.
Le marché du samedi
C’est le grand marché de la semaine. Il prend tout le centre-ville : cours Jean Jaurès, place du 14 Juillet, rues adjacentes. Producteurs locaux (fruits, légumes, fromages, olives), vêtements, brocante. C’est animé, bruyant, et il y a du monde. Arrivez avant 10h si vous voulez un bon choix. Vers midi, les stands commencent à plier.
Il y a aussi un marché plus petit le mardi matin, mais c’est celui du samedi qui vaut le déplacement.
Infos pratiques
- Distance : 8 km de Florensac, 10 min en voiture
- Parking : gratuit au parking du Cours (cours Jean Jaurès), payant en centre-ville
- Musée Vulliod-Saint-Germain : 3 euros, fermé le lundi
- Marché : samedi matin (grand marché), mardi matin (petit marché)
- Office de tourisme : place Gambetta, propose des visites guidées du centre historique (5 euros, en été)
- Petit pâté : dans toutes les boulangeries, environ 2 euros
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